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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 18:16
[FSSPX] à propos de l'Immigration

Charité personnelle et charité politique

L’Europe vient d’accueillir en quelques mois, bon gré mal gré, plus d’un million d’immigrants, en provenance principalement de pays islamiques. C’est un fait assez massif pour être au centre des conversations, de nombreux articles de presse, de déclarations politiques de tous bords. C’est pourquoi il m’a semblé utile qu’une courte synthèse doctrinale sur cette question de l’immigration soit réalisée pour cette Lettre, « Un regard chrétien sur l’immigration », occasion d’une réflexion à partir de la doctrine des papes et des théologiens.

 

D’autant que, depuis de longues années, la parole des évêques français sur ce sujet se réduit presque à répéter comme un leitmotiv la phrase de l’Évangile : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35). Il est incontestable que cette phrase représente un élément clé d’un regard chrétien sur l’immigration. Mais lorsqu’elle est considérée comme apte à exprimer seule l’essentiel d’une position supposée « chrétienne » sur l’immigration, il s’agit d’une erreur profonde. Le principe de « l’accueil inconditionnel de l’autre », qui constitue comme le « fond de sauce » de la doxa épiscopale française sur l’immigration, n’est en vérité absolument pas suffisant pour cela.

 

Au cœur de cette insuffisance de la doctrine épiscopale française, me semble-t-il, on trouve une absence de distinction entre la charité (ou la justice, selon les cas) individuelle et la charité politique. La première vise premièrement le bihttps://my.over-blog.com/write/en de la personne (et, à travers elle, une part du bien commun), la seconde le bien commun (et, à travers lui, le bien de toutes les personnes).

 

Un exemple simple suffit à faire comprendre cette distinction. Si un malheureux mourant de faim se présente chez moi, je vais le nourrir ; si même il vole un pain dans ma réserve, je vais charitablement fermer les yeux : cela relève de la charité individuelle. Mais si 500 malheureux se présentent devant ma maison, je ne vais pas les nourrir ; s’ils commencent à piller ma réserve, je vais me défendre pour protéger ma vie et ma famille, je vais appeler la police, les autorités publiques interviendront pour mettre de l’ordre et trouver des solutions, etc. : charité politique.

 

La notion de « charité politique » est en réalité essentielle pour aborder une question comme l’immigration qui touche, non seulement aux relations entre les individus, mais directement au bien commun. Méconnaître que la charité politique soit la plus haute des charités, parce qu’elle s’adresse à plus d’hommes et leur fait un bien plus excellent, voilà sans doute l’une des principales carences du discours chrétien courant sur l’immigration.

Abbé Christian BOUCHACOURT - FSSPX

 

Une doctrine sur l'immigration

Ce dossier sur l’immigration n’a nullement l’intention de provoquer une polémique. Au contraire, il souhaite contribuer à dépassionner le débat. Toutefois, si la prudence doit nous servir de règle, elle ne doit pas finir par étouffer toute réflexion sur l’un des principaux sujets qui agitent notre monde : l’immigration et ses conséquences. Que le débat soit calme et respectueux, il faut y travailler. Mais que le débat soit purement omis serait nocif pour tous.

Par ailleurs, il ne s’agit pas d’entrer sur le terrain de la politique pratique : celle-ci est du ressort des hommes politiques et, en démocratie, des citoyens qui votent. L’objet de cette réflexion se situe en amont, au niveau des principes, afin d’éclairer un peu un débat souvent biaisé. L’immigration existe, il faut en tenir compte, mais avec un regard authentiquement chrétien. Les papes et les théologiens parlent-ils du thème de l’immigration ? Assez curieusement, le discours est plutôt pauvre sur ce sujet. Pourtant, le XIXe siècle et le début du XXe ont connu des émigrations massives. A l’époque, des œuvres d’assistance assez efficaces ont été fondées, mais on trouve peu d’interventions pontificales à ce propos. Pie XII s’est intéressé un peu plus à cette question, mais cela ne fait toujours pas grand-chose, et il s’agit surtout d’exhortations morales. Depuis le Concile, c’est un sujet volontiers évoqué, notamment à l’occasion de la « Journée annuelle des migrants », mais on reste là aussi essentiellement dans des considérations « moralisantes ». En ce qui concerne les théologiens, ils n’ont dans leur majorité pas évoqué les migrations des temps modernes. Il faut donc chercher sous d’autres chapitres, concernant par exemple la propriété, le bien commun, le droit des personnes, les devoirs envers la patrie, etc.

 

Définir et distinguer l’immigration

Commençons par définir le mot « immigrant ». Selon le dictionnaire, immigrer consiste à entrer dans un pays étranger pour s’y établir. Il y a donc la notion de changer de pays. Et il y a la notion d’installation : un touriste, un visiteur n’est pas un immigrant. Cela étant posé, il convient de faire quelques distinctions. C’est souvent faute de ce travail préalable que le débat s’enlise ou se durcit.

On peut arriver dans un pays parce qu’on a été chassé violemment et en groupe du pays dont on était citoyen. C’est le cas des « personnes déplacées ». On peut arriver dans un pays, envoyé par son entreprise dans le cadre professionnel. C’est ce qu’on appelle les « expatriés » : ils se rapprochent plus des touristes que des immigrants. Enfin, il y a les personnes qui, par choix, entrent dans un pays pour y trouver une vie meilleure, et notamment un travail : ce sont d’eux qu’il s’agira ici.

Parmi eux, il existe des immigrants que le pays d’accueil est allé chercher pour accomplir certains travaux. Il existe d’autre part des immigrants (la plus grande masse, aujourd’hui) qui entrent spontanément dans le pays. Sous un autre rapport, il existe des personnes qui immigrent pour une durée limitée avec l’intention de retourner au pays, et des personnes qui immigrent sans esprit de retour. Enfin, troisième distinction, il existe des personnes qui immigrent dans le respect des lois, et d’autres qui pénètrent hors de tout droit dans le pays d’accueil : « clandestins » ou « sans papiers ».

 

Destination collective et individuelle des biens de la terre
Pour synthétiser les principes qui règlent la question de l’immigration, une bonne source d’inspiration se trouve dans la doctrine sur le droit de propriété. Les théologiens enseignent unanimement que la Terre et ce qu’elle renferme a été donnée par le Créateur à l’humanité en général, afin d’y habiter et d’en tirer sa subsistance. Cette destination universelle et primitive de la Terre perdure même sous les diverses appropriations. Cependant, de solides raisons (ardeur au travail, bon entretien des choses, ordre, paix, etc.) ont poussé l’humanité à pratiquer la propriété privée, et non exclusivement la propriété collective (qui existe en un certain nombre de domaines : l’air que nous respirons, la science ou la littérature, la lumière du soleil, etc.). Le bien approprié devient « privé » : il appartient à un tel, et non pas aux autres. Cette appropriation peut être le fait d’un individu, d’une famille, d’une société quelconque (par exemple une entreprise), mais aussi d’une cité ou nation qui s’attribue une portion déterminée de la Terre (un pays). Une nation, étant propriétaire du pays qu’elle occupe, peut donc accepter de le partager ou non avec tel ou tel. C’est le principe de la propriété privée : je reçois chez moi qui je veux.

Mais toute immigration est précédée d’une émigration : un immigrant est une personne qui a quitté son propre pays, sa nation, sa famille, sa culture, souvent sa langue. Pour une petite part, il s’agit d’hommes qui ont le goût de l’aventure. Mais, en majorité, il s’agit de gens contraints de quitter leur chez-soi. C’est en ce sens que, le 23 juillet 1957, Pie XII a parlé de la « situation anormale » des émigrants. Cet éloignement forcé possède comme sources principales le manque de ressources naturelles, les catastrophes climatiques ou autres, la guerre et la corruption des gouvernants, l’absence de travail. De ce fait, il y a ordinairement chez l’immigrant ce que les théologiens appellent un
« état de nécessité ».
 
 
Quelques principes
 
« L’état de nécessité »
L’état de nécessité, c’est le fait de manquer de quelque chose. Par exemple, je dois me rendre, pour un rendez-vous urgent, de Paris à Chartres. Les horaires de train ne conviennent pas, et je ne possède pas d’automobile. Je suis alors dans un certain état de nécessité. Mon voisin possède une voiture, il ne l’utilise pas ce jour-là, mais il refuse de me la prêter ou de me la louer. Puis-je lui prendre sa voiture contre son gré, en considérant que je suis dans la nécessité, et qu’antérieurement à la propriété privée, les biens terrestres ont été donnés pour l’utilité de tous les hommes?

Les cas d’état de nécessité étant nombreux, si tous suspendaient la propriété privée, cela ferait disparaître cette dernière, avec tous ses bienfaits pour le bien commun. Les théologiens ont donc précisé cette notion. Ils nous disent que seul le cas d’extrême nécessité, c’est-à-dire le péril de mort imminent, permet de se servir des biens du prochain, autant qu’il est nécessaire pour sauver sa vie ou celle de son prochain (par exemple, une mère pour son enfant). En ce cas précis, les biens terrestres retrouvent exceptionnellement leur statut primitif, afin de servir à tout homme.
 
Qui définit l’état d’extrême nécessité ?
Les moralistes rappellent que l’état d’extrême nécessité ne s’assimile pas à une nécessité commune, ni même à une nécessité simplement grave, mais bien à une nécessité extrême, extraordinaire, c’est-à-dire à un péril de mort imminent, ou à un autre dommage de même ampleur (perdre un membre, etc.). Les mêmes auteurs soulignent que dans ce cas d’extrême nécessité, on peut prendre ce qui est nécessaire à la survie, mais pas plus : la cessation ponctuelle de la propriété privée est uniquement relative à cet état d’extrême nécessité. Dans les autres cas, la propriété privée doit impérativement être respectée, pour des raisons graves de bien commun : autrement, la sécurité publique et la confiance mutuelle seraient en danger, ce qui constituerait un important dommage social. Bien entendu, les mêmes théologiens rappellent les devoirs de charité dans l’usage de la propriété privée : les possesseurs en sont gravement redevables devant Dieu. Toutefois, la charité n’est pas exigible en justice. Ce serait sans doute une charité que mon voisin me prête sa voiture : cependant, je ne puis l’exiger de lui.

Mais que se passe-t-il si celui à qui l’on veut prendre se trouve lui-même dans le cas d’extrême nécessité ? L’extrême nécessité, en effet, est souvent sociale : par exemple, dans le cas d’une famine, tout le monde a faim. A ce moment, répondent les théologiens, prévaut le droit de l’actuel possesseur. S’il ne reste qu’un morceau de pain, et que par lui on ne peut nourrir et sauver qu’une seule personne, celui qui possède ce pain peut le garder, même si l’autre meurt à ses côtés. Car nul n’est tenu de se faire mourir pour sauver autrui. Et si l’autre veut lui prendre son pain, il possède un droit de légitime défense pour préserver sa vie et son bien.
 
La propriété privée et le bien commun
Un autre principe concernant la propriété, qui ne se trouve pas dans les traités ordinaires de théologie morale, a été toutefois mis en œuvre par tous les gouvernements, y compris par les papes autrefois pour leur propre domaine temporel. La propriété privée est un des moyens choisis par l’humanité pour assurer le bien commun. Mais il peut arriver, dans certains cas, qu’elle se retourne contre le bien commun : par exemple, une propriété immense, légitimement possédée, qui ne serait pas exploitée (par désintérêt du propriétaire), au grave détriment des populations environnantes. Dans ce cas, l’autorité publique, qui a la charge du bien commun, peut restreindre les droits de la propriété privée pour obliger, par exemple, le propriétaire à concéder l’exploitation agricole à des petits paysans, moyennant une juste redevance. On connaît de telles lois dans l’Empire romain (païen comme chrétien), et jusque dans les États pontificaux. Dans le même genre, en cas de catastrophe naturelle, tout le monde comprend qu’il est légitime pour l’autorité publique de procéder à des réquisitions, donc de limiter provisoirement le droit de propriété.
 
Synthèse de la doctrine de la propriété
Essayons de résumer nos acquis. Au départ, la Terre est donnée à toute l’humanité pour son utilité. Dans les faits, pour des raisons de bien commun, cette Terre est soumise en partie au régime de la propriété privée. Cependant, les propriétaires doivent en user selon la charité (non exigible) et, au moins fondamentalement, dans le cadre du bien commun. Sinon, l’autorité publique peut imposer des bornes à une propriété qui nuirait au bien commun. Dans le cas d’extrême nécessité, chacun est fondé à imposer de son propre chef des bornes à la propriété privée, en prenant ce qui est nécessaire à sa survie. Toutefois, si l’autre est lui-même dans l’extrême nécessité, il peut légitimement se dé- fendre, pour assurer sa propre survie, contre ce qui serait alors une agression injuste.
 
Application à la question de l’immigration
Ces réflexions sur la propriété peuvent servir de cadre de réflexion sur l’immigration. Mais il faut y ajouter préalablement deux précisions. La première, en rappelant que l’immigration n’est pas purement et simplement « libre ». La Terre n’est pas aujourd’hui sans maître, les nations possèdent légitimement leur pays et peuvent, dans les limites de la justice et de la charité, y admettre qui elles veulent. Il existe aujourd’hui en effet, en notre pays, une véritable idéologie « immigrationniste », curieusement partagée par le capitalisme le plus outrancier (pour bénéficier d’une main-d’œuvre docile et peu coûteuse) et par un post-marxisme utopique qui estime que la Terre est une vaste étendue sans maître que doit se partager librement une humanité la plus cosmopolite possible. Dans les deux cas, c’est dénier aux êtres humains le besoin et le droit à de légitimes enracinements, et c’est favoriser une exploitation honteuse de malheureux accablés par la misère.

La deuxième précision concerne l’accueil des immigrants que doit faire chaque nation. Certes, toute nation est propriétaire de son pays, mais elle ne doit pas fermer trop facilement ses frontières à ceux qui demandent raisonnablement à y pénétrer. Le Siège apostolique a souvent insisté sur ce point. La raison de cette insistance est que, sauf exception, les nations n’ont pas de supérieur. Donc, seule une autorité morale supranationale peut les appeler à prendre en compte, non seulement leur bien propre immédiat, mais aussi une part du bien commun de l’humanité : comme nous l’avons dit à propos des réquisitions en cas de catastrophe naturelle. C’est ainsi que, dès le 1er août 1952, Pie XII a appelé de ses vœux une législation internationale concernant la migration.

Pie XII a souligné notamment que les ressources d’un certain nombre de pays permettent d’accueillir largement des immigrants. « Est-ce que la politique d’immigration, disait-il aux ÉtatsUniens le 22 octobre 1949, est aussi libérale que les ressources naturelles le permettent dans un pays aussi abondamment béni par le Créateur et telle que les besoins d’autres pays semblent l’exiger ? » « Comme tout cela, disait-il aux Argentins le 2 décembre 1956, parle d’une abondance providentielle, de possibilités incalculables accordées par le Créateur ! Et comme tout cela voudrait exprimer une vocation en quelque sorte maternelle pour un peuple dilatant son cœur afin de faire place à tous ! » Le pape rappelle aussi, dans Exsul familia du 1er août 1952 (un texte entièrement consacré à l’émigration) ce qu’il nomme « des principes généraux de droit naturel ». Il parle « du droit de migration fondé sur la nature de la Terre elle-même habitée par les hommes ». « Notre planète (…) ne manque pas de régions et de lieux propres à la vie, abandonnés au caprice d’une végé- tation spontanée, alors qu’ils s’adapteraient au travail des hommes, à leurs besoins. (…) S’il en est ainsi, l’émigration atteindra le but que lui assigne la nature (…) : c’est-à-dire qu’il y aura sur toute la surface de la Terre qui a été créée par Dieu pour l’utilité de tous, une plus juste répartition des hommes. (…) Que doivent être libres les voies de l’émigration, le droit naturel l’exige, non moins que la pitié envers le genre humain. Le Créateur de l’univers, en effet, a établi toutes choses, en premier lieu, pour l’utilité de tous. C’est pourquoi la domination de chaque nation, bien qu’elle doive être respectée, ne peut être exagérée au point que, si un endroit quelconque de la Terre offre la possibilité de faire vivre un grand nombre d’hommes, on n’en interdira pas, pour des motifs insuffisants, l’accès à des étrangers nécessiteux et honnêtes, sauf s’il existe des motifs d’utilité publique, à peser avec le plus grand scrupule. »
 
 
Droits & devoirs de l'immigration
 
Le cas normal
Quels sont les droits et les devoirs de celui qui entre dans un pays ? Il faut d’abord étudier le cas normal, qui devrait être le seul, celui d’un immigrant qui entre en France dans le respect des lois. Il est évidemment tenu à un certain nombre de devoirs, comme chaque citoyen français.
 
Par exemple, il est tenu de respecter la loi, loi morale d’abord, loi civile ensuite. Tout homme y est tenu, mais pour lui cette obligation générale se double d’une obligation particulière, qui tient au fait qu’il reçoit l’hospitalité du pays d’accueil. Il doit également être reconnaissant envers ce pays qui l’accueille, et manifester cette reconnaissance par son attitude : c’est sa façon à lui, qui n’est pas Français de naissance, de réaliser cette piété envers la patrie qui est une obligation du citoyen. Comme le disait Pie XII le 23 juillet 1957, il faut que l’immigrant ait « la conscience de ce qu’il doit au peuple qui l’accueille et qui cherche à faciliter son adaptation progressive à sa nouvelle forme de vie ». L’immigrant doit encore accomplir consciencieusement sa tâche, ce qui constitue une obligation pour chacun, natif ou immigrant : mais, dans son cas, cette obligation se renforce par le contrat de travail qui a été souvent sa clé d’entrée dans le pays. Bref, il doit être un homme honnête et sérieux, comme tout un chacun, avec cette nuance que, recevant une hospitalité généreuse, il est tenu à ce titre à veiller encore plus sur lui-même.
 
Devoir d’intégration ?
L’immigrant est-il tenu de s’intégrer ? La notion d’hospitalité va ici nous éclairer. Lorsque je suis reçu chez quelqu’un, je me plie dans une certaine mesure à sa façon de procéder. Mais cela dé- pend du temps que je vais passer chez cet hôte. S’il s’agit d’un simple dîner, ce sera assez superfi- Décembre 2015. Si je séjourne en vacances, je ferai plus d’efforts. Mais une jeune fille au pair doit se mouler bien davantage sur les coutumes de la famille qui la reçoit.
 
Donc, un immigrant temporaire est moins assujetti qu’un immigrant définitif, c’est évident. Une personne qui vient réaliser, par exemple, un chantier de quelques mois n’est pas forcément tenue d’apprendre le français : ce serait en général un investissement disproportionné. Mais il est normal qu’une personne qui veut s’installer définitivement en France connaisse le français et sache s’insérer dans les coutumes françaises : il s’agit là, simplement, d’une manifestation de respect envers ceux qui lui font partager leurs richesses. Sans doute, il peut y avoir des exceptions, car nous savons que, passé un certain âge, il est difficile d’apprendre une langue. Mais, comme règle géné- rale, il est évident qu’un immigrant de longue durée doit s’instruire raisonnablement de la langue et des coutumes du pays. Un certain nombre de pays ont d’ailleurs sagement statué que, pour l’acquisition de la nationalité (aboutissement ultime d’une immigration), des examens de langue et de connaissance du pays étaient requis.
 
 
Les devoirs du pays d’accueil
Nous parlons pour le moment d’un immigrant légal : le pays a accepté de le recevoir, et même dans certains cas l’a sollicité de venir. Ceci constitue une forme de contrat implicite. Le pays doit donc, tant au titre de l’humanité ordinaire (nous dirions, en chrétien, de la justice et de la charité) qu’au titre de ce contrat implicite, le traiter avec respect, lui garantir des droits, veiller sur lui, etc.
 
Cet immigrant doit-il jouir des mêmes droits que le citoyen ? Pas forcément : tout simplement parce qu’il n’est pas citoyen. La jeune fille au pair n’a pas les mêmes droits que les enfants : par exemple, si les parents meurent, elle ne recevra pas d’héritage. Mais la jeune fille au pair doit être traitée avec courtoisie, doit bénéficier de temps de repos, doit recevoir la petite compensation financière prévue dans son contrat, etc. Il en est de même pour l’immigrant. Il ne doit pas être insulté, brimé, spolié, exploité, selon le principe universel : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît ». C’est à chaque citoyen, comme à l’autorité publique, de veiller sur ce respect d’autrui, comme il est naturel. Maintenant, l’immigrant ne peut revendiquer de jouir absolument des mêmes droits que le natif : car précisément, il est accueilli comme un hôte. En France, par exemple, il ne peut voter, il ne peut postuler à certains emplois touchant à la sécurité nationale. Les États-Unis vont plus loin : le Président doit être né dans le pays. Même parfaitement assimilé, même devenu citoyen, l’immigrant de première génération ne possède pas tous les droits d’un natif.
 
Devoir d’assimilation ?
Le pays d’accueil doit-il favoriser l’assimilation ? Tout dépend de la politique d’immigration que ce pays entend mener. S’il la choisit restrictive, il a intérêt à opter pour des séjours courts de l’immigrant, strictement contrôlés (par un système de visas renouvelables). Dans ce cas, une intégration superficielle suffira pour assurer la tranquille coexistence des populations, et évitera un attachement de l’immigrant au pays d’accueil. Si, au contraire, ce pays accepte l’immigration de peuplement, il doit, pour éviter la progressive dislocation de l’unité nationale, promouvoir une assimilation suffisante. Cependant, il devra trouver un équilibre assez subtil. Car, en travaillant à assurer une certaine homogénéité de la population, il ne doit ni se transformer en monstre totalitaire, ni violer des droits plus élevés que les siens, notamment les droits surnaturels du baptême. Comme le disait Pie XII le 23 juillet 1957, l’assimilation ne peut se faire « aux dépens des droits naturels et au détriment des valeurs religieuses et morales ». Un État ne peut, sous prétexte qu’il est peuplé de musulmans, forcer un catholique à apostasier.
 
Regroupement familial ?
Faut-il autoriser le regroupement familial ? En soi, d’une manière ordinaire, l’homme a le droit de se marier et de vivre avec sa famille. Les exceptions à cette règle doivent être motivées et restreintes. Par exemple, un soldat de la Légion étrangère ne peut se marier durant son premier contrat : ceci, pour favoriser l’insertion du soldat dans la Légion. De même, le pays d’accueil peut stipuler, pour un contrat de travail de durée limitée (comme un chantier, un séjour sur une plate-forme pétrolière), que l’immigrant doit y venir seul. A l’inverse, l’immigration de longue durée n’est pas compatible avec le refus ordinaire du regroupement familial. La carte de séjour de dix ans automatiquement renouvelable, instituée en France à la fin des années 70, va naturellement de pair avec le regroupement familial.
 
L’immigration de travail se transforme alors en immigration de peuplement. Mais cela découle quasi automatiquement de l’immigration de longue durée. Permettre à une personne de passer dix ans, vingt ans, trente ans, quarante ans dans un pays pour le travail, c’est par le fait même lui faire miroiter la perspective d’en devenir citoyen. Le contraire, il faut le dire, est déraisonnable et inhumain. Donc, si l’on accepte l’immigration de longue durée, on accepte en même temps (c’est la loi naturelle, rappelée par les papes) la venue de la famille. Et si l’on accepte que des enfants naissent en France, parlent français, soient éduqués en France, on accepte implicitement que cette famille puisse devenir à terme, d’une façon ou d’une autre, française. Si on ne le souhaite pas, il ne faut accepter que des séjours de courte durée, pas trop répétitifs. Et si on veut le permettre pour certains et pas pour d’autres, alors il faut établir un « numerus clausus », comme aux États-Unis.
 
 
Distinctions nécessaires

 

 

 

 

 

 

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"Que toute personne soit soumise aux autorités supérieur; car il n'y a point d'autorité qui ne viennent de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C'est pourquoi qui s'oppose à l'autorité, résiste à l'ordre que Dieu  a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes" (Romains 13:1)

"Il n'y aura dans ton pays ni femme qui avorte, ni femme stérile, je remplirai le nombre de tes jours" (Exode 23:26)

"Si tu prêtes de l'argent à mon peuple, au pauvre qui est avec toi, tu ne seras point à son égard comme une créancier, tu n'exigeras de lui point d'intérêt" (Exode 22:25)


« Voter socialiste, c'est voter contre Dieu. Le programme socialiste fait frémir les enfants » (Monseigneur Lefebvre)

A propos de Pinochet « Dès qu'un homme se lève pour sauver son pays du communisme et qu'il rétablit l'ordre chrétien, on fait tout pour le discréditer. Il n'y a pas un pays où l'on puisse circuler aussi librement qu'au Chili. » (Monseigneur Lefebvre)

"Le mythe tant caressé de l'égalité ne serait pas autre chose, en fait, qu'un nivellement absolu de tous les hommes dans une commune misère et dans une commune médiocrité." (pape Léon XIII)

"Face à la colonisation islamique de la France, je crois que la laïcité est un bouclier en carton pâte, et j'irai même plus loin, je pense que la laïcité est le cheval de Troie de l'islamisation. C'est donc par l'affirmation de l'identité française, de la culture française, et du lien entre la France et son héritage chrétien, que nous pourrons répondre au défi de cette islamisation galopante." (Carl Lang)

"Beaucoup d'ennemis, beaucoup d'honneur" (Mussolini)

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